Journal du 20 au 29 octobre 1917 - Sur les Crêtes !

Publié le 29 Octobre 2017

 

Samedi 20 octobre 1917

Crête 102 : Nous sommes en plein dans les préparatifs de l’attaque : distribution de vivres etc. Nous montons demain aux Crêtes de Laffaux, notre emplacement de départ. Je pense pouvoir assister à la Messe demain. Un Bataillon du 22e et notre Compagnie de mitrailleuses sont venus s’installer également à la Crête. Nous sommes entassés.

 

Dimanche 21 octobre 1917

Fin des préparatifs. Matinée de fièvre. Il faut répartir entre les hommes le chargement, etc. Impossible d’assister à la Messe. Me va-t-il falloir partir à l’attaque sans recevoir Jésus ?

Hier, après-midi, les cadres presque au complet, Officiers et Sous-Officiers de la 1re Compagnie de mitrailleuses, qui étaient allés reconnaître aux tranchées leur emplacement de départ, ont été pris sous une rafale d’obus vésicants ; ils présentaient ce matin des brûlures du dos et du cou et ont dû être évacués aujourd’hui. Une corvée de la Compagnie, surprise hier à la tranchée Testard par une vague de gaz, avait été désorganisée, quelques hommes pris de vomissements sans suites graves.

Départ, par section, de la Crête 102 pour les Crêtes de Laffaux où l’on doit passer la nuit. C’est deux heures de l’après-midi. J’ai pu communier avant de partir des mains de M. Danger. Nous arrivons sans encombre à Laffaux. Les Crêtes sont repérées, mais nous passons entre deux rafales. Il y a de tout dans ces Crêtes : artillerie, génie, 99e, 22e, 30e, 24e Territorial etc. Nous coucherons par terre. Le 30e monte ce soir à vingt heures. Nous prenons sa place.

Contrordre, personne ne monte ce soir : le jour « J » est retardé de vingt-quatre heures.

La cuisine se fait à côté dans une Crête. Ce n’est pas un plaisir d’y aller.

 

Lundi 22 octobre 1917

Temps pluvieux. On entend peu l’artillerie : qu’est-ce que ce bombardement ? Il semble que la confiance ne règne pas… L’ennemi arrose « vilain » les sorties des Crêtes.

C’est pour demain définitivement.

Vingt heures : le 30e monte ; nous prenons sa place sur les couchettes.

 

Mardi 23 octobre 1917

Deux heures : réveil. Soupe. Départ de la Compagnie à quatre heures trente. L’heure « H » est cinq heures quinze. La Compagnie se rend à la tranchée Rouge-Gorge, sapes 313 et 315. Nous y pénétrons à l’heure « H », évitant ainsi le bombardement.

Par les blessés, nous savons que l’attaque marche, mais que l’ennemi se défend bien. Cependant la réaction ennemie devient bientôt nulle… Je regarde de temps à autre le terrain.

Huit tanks sont rassemblés à notre gauche et semblent arrêtés.

Tous les objectifs sont atteints… cinq cent soixante prisonniers dans les Crêtes d’Allemant.

Neuf heures : corvée de grenades en ligne. Quel chaos ! Sogno tué ! Je l’écris à Glas.

 

Lieutenant Sogno (SHAT)

Lieutenant Sogno (SHAT)

Fiche de décès : Mémoire des hommes

Fiche de décès : Mémoire des hommes

 

Mercredi 24 octobre 1917

Organisation de la position. Partout des travailleurs.

 

Jeudi 25 octobre 1917

Seconde phase de l’attaque. A six heures du matin, la Compagnie se porte à la tranchée du Chamois ; le 2e Bataillon est à Pinon, puis au Canal. Je vais en reconnaissance avec le Lieutenant Salomon à la tranchée du Buffle : elle est déjà occupée par les nôtres (121e Chasseurs).

 

Vendredi 26, samedi 27 octobre 1917

Tranchée du Chamois.

 

Dimanche 28 octobre 1917

Tranchée du Chamois. Le soir nous relevons le 121e Chasseurs en avant de Vauxaillon. Ma section, section de gauche. Un obus sur la section, à la voie ferrée Laon Saint-Quentin1 : deux tués (Orban et Monfraix) ; le Lieutenant contusionné gravement. Sales moments !

 

Lundi 29 octobre 1917

La section a été placée en réserve à la voie ferrée Soissons Laon. Travaux en ligne, de nuit. Nous attendons impatiemment la relève.

 

Carte du secteur - Journal de Marches et Opérations 1917

Carte du secteur - Journal de Marches et Opérations 1917

 

1Communes de l'Aisne

Rédigé par Frédéric B.

Publié dans #Journal

Commenter cet article