Journal du 21 décembre 1916 au 13 janvier 1917 - Un Noël de guerre et une permission si attendue !

Publié le 13 Janvier 2017

DECEMBRE 1916

Jeudi 21 décembre 1916

Le cours touche à sa fin, le 29, nous partons en permission. La joie de passer quelques jours en famille, et surtout à l’époque du premier de l’an, fait oublier le retour au front prochain.

Une note parue au Rapport annonce qu’il y aura des nominations parmi les meilleurs classements à l’examen final ; il est nécessaire d’avoir six mois de grade : ce n’est pas mon cas. Je retournerai donc au 99e comme sergent… c’est toujours ça…

Au bois 167 (décembre 1916), eau forte de Jean Branche (© Bertrand Channac)

Au bois 167 (décembre 1916), eau forte de Jean Branche (© Bertrand Channac)

Lundi 25 décembre 1916

Noël, le jour de paix et d’amour ! Encore un Noël de guerre avec des lendemains de tristesse. 1914 : j’étais à la tranchée.

1915 : c’était le Bois Stockele[1] en Alsace.

… Messe de minuit splendide… Où sont les réveillons d’autrefois, alors que nous étions réunis ?

1917, que sera-t-il ? Noël sera-t-il, cette fois, joyeux, la fête de la Paix Française ?… J’ai confiance : tant de prières montent vers Dieu pour notre pauvre pays ! Tant de morts obscurs, mais grands comme des héros !… Dieu ne peut pas nous abandonner !

Je pars en permission vendredi 29 courant. J’attends ce jour avec impatience.

 

Janvier 1917

Dimanche 7 janvier 1917

La voila passée cette permission tant attendue ! Je repars demain, déjà ! Et pour reprendre ma place au front !

Je me suis réchauffé le cœur au contact de maman, de toutes ces petites sœurs qu’il me faut quitter encore une fois, peut-être pour toujours. Il y avait longtemps que je n’avais pas été présent à la maison pour ces fêtes du Jour de l’an qui, autrefois, nous voyaient tous réunis… Ce temps reviendra-t-il bientôt ?

Mardi 9 janvier 1917

Arrivé ce matin à l’école de Cousances : quelques élèves sont déjà rentrés, voire même partis. Mais quel « cafard » de se revoir ici, prêt à retourner au front après trois mois de repos… Point de nomination, du moins jusqu’à présent.

On ne met en route qu’après-demain.

Jeudi 11 janvier 1917

Adieux à Cousances. Nous allons coucher à Saint-Dizier[2].

Vendredi 12 janvier 1917

Joinville-sur-Marne[3] – Gondrecourt[4] où se trouve la Division. Là, je retrouve Antoine. La Division fait des manœuvres et exercices d’attaque qui prennent fin demain ; puis, nous embarquons.

Samedi 13 janvier 1917

Gondrecourt, Demange-aux-Eaux, Baudignécourt, Gondrecourt, Mauvages, où je finis par retrouver le Bataillon. Je rentre à la 3e Compagnie, Capitaine Fabre. Le Bataillon cantonne, pour la journée, à Mauvages, en vue de la manœuvre de demain qui se fait aux environs.

Journal du 21 décembre 1916 au 13 janvier 1917 - Un Noël de guerre et une permission si attendue !

[1] Stoeckele maintenant, ville située en Alsace

[2] Ville située dans la Meuse

[3] Ville de Haute-Marne

[4] Villes toutes situées dans la Meuse ; la Division de Frédéric B. était surtout dans le Grand Est

Rédigé par Frédéric B.

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