Journal du 13 mai au 3 juin 1917 - Moral au plus bas

Publié le 3 Juin 2017

Dimanche 13 mai 1917

Journée calme. Nous sommes relevés par la 6e Compagnie : relève désordonnée. Les Officiers se cachent et abandonnent les sections sans ordre dans les boyaux.

On finit par se caser, blottis comme des anchois, dans les sapes… Moral mauvais, exaspéré par la lâcheté de certains officiers.

La section a trouvé place dans le P.C.1 du Bataillon, près du Tunnel. De jour, l’on se cache.

Lundi 14 au samedi 19 mai 1917

Activité croissante de l’artillerie. le 19, après-midi, le bombardement se fait plus violent. Les avions ennemis volent bas.

Dimanche 20 mai 1917

Journée de boucherie atroce. Le 3e Bataillon est presque anéanti… Mort de Chapot.

Dimanche 20 mai 1917 (bis)

Journée d’enfer !… Mort de Chapot.

 
Journal du 13 mai au 3 juin 1917 - Moral au plus bas

Lundi 21 mai 1917

Relève par le 4e Zouaves. Nous descendons aux péniches de Bourg-et-Comin. Le 22e et le 30e demeurent en ligne… Quinze hommes hors de combat, dans la section, pour ce séjour.

Lundi 21 mai 1917 (bis)

Le 3e Zouaves nous relève à la Bovelle, tranchée Deimling, après que la 6e Compagnie ait réoccupé le peu de terrain perdu hier à 6622.

Mardi 22 mai 1917

Nous sommes au repos aux péniches de Bourg-et-Comin… on se compte…

Mercredi 23 mai 1917

Hier, après-midi j’ai vu arriver Louis. Le pauvre garçon m’avait cherché toute l’après-midi ; il était allé jusqu’à Pargnan… Quelle joie de se revoir ! Il m’apportait du bon vin et de petites « bricoles ».

Jeudi 24 mai 1917

Louis est revenu hier après-midi, nous avons passé un long moment ensemble. Je vais essayer d’aller le voir.

Vendredi 25 mai 1917

J’ai obtenu un laissez-passer pour hier ; j’ai donc passé la journée avec Louis. Un bon dîner m’attendait. quel joie !

Dimanche 27 mai 1917 (Pentecôte)

Messe aux péniches.

Lundi 28 mai 1917

On ne sait où l’on doit aller.

Mercredi 30 mai 1917

Louis est revenu me voir. Nous avons bu une bonne bouteille en compagnie. Je revenais après l’avoir accompagné jusqu’à Oeuilly, lorsque j’apprends que nous remontons relever, le 1er juin, un Bataillon du 30e, pour quatre ou cinq jours, dit-on.

On discute fort… Tout le monde a le moral bas. On a toutes les peines du monde à faire accroire aux hommes que le séjour là-haut sera de courte durée.

Juin 1917

Vendredi 1er juin 1917

Nous montons aux tranchées, relever une partie des 22e et 30e. Moral de la troupe bas.

Mon Dieu, protégez-moi !

J’ai revu Louis les 22, 23 et 24 à…

Vendredi 1er juin 1917 (bis)

C’est pour ce soir : nous relevons au-dessus de Troyon2 le coin le plus calme ; nous faisons liaison avec un Bataillon du 30e sur la droite ; notre 3e Bataillon est à gauche, le 2e plus à gauche encore. Trois sections en ligne, une section en réserve. Quelques sapes. Ma section est en réserve pour trois jours. Nous travaillons de nuit aux boyaux.

Samedi 2 juin 1917

Journée calme. Personne ne se montre.

Dimanche 3 juin 1917

Au Petit Poste Pinson, un boche sort et enterre les morts entre les deux barricades. Un des nôtres fait de même… Ils se passent la consigne de ne pas tirer.

 

1Poste de Commandement

2Avec Oeuilly, Pargnan et Bourg-et-Comin : Communes françaises du département de l'Aisne. (Aujourd'hui, Troyon a fusionné avec Vendresse-Beaulne pour donner Vendresse-et-Troyon)

Journal du 13 mai au 3 juin 1917 - Moral au plus bas

Rédigé par Frédéric B.

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